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Analyse: côté wallon, on prend la provocation nationaliste avec humour

C'est anecdotique. Quasiment insignifiant. On devrait pouvoir faire comme si les manifestations programmées le 27 mars prochain par le Voorpost, groupuscule d'ultranationalistes flamands, en Wallonie picarde, n'existaient pas. Comme si le fait qu'ils revendiquent le caractère flamand de Flobecq, Ploegsteert, Comines, Estaimpuis, Ellezelles, Mont-de-l'Enclus, et même de Tournai n'était, après tout qu'un épiphénomène. Ce qu'il est, ceci dit.

Publié le 25/03 à 08h41

Et pourtant, on ne peut s'empêcher de s'y attarder. Pas pour donner à ces excités du bocal une importance qu'ils n'ont pas car c'est très exactement l'effet qu'ils recherchent. Non, simplement pour constater, qu'une fois encore, du côté wallon, ce qui pourrait facilement être considéré comme une nouvelle provocation nationaliste, est vécu avec le recul nécessaire. Avec humour aussi.

Cette prise de distance permet évidemment de remettre à sa juste place ce qui n'est rien d'autre qu'un non-événement d'une bêtise abyssale. Elle prouve surtout, comme l'a finalement remarqué Yves Leterme, revenu médiatiquement en grâce, que les francophones ont bien ces capacités intellectuelles qu'il avait pourtant mises en doute à une époque où l'arrogance était de mise en Flandre.

Manifestement, cette époque pas si lointaine, si elle n'est pas révolue (on n'est pas naïf quand même), semble être nettement moins ”trendy ”, aujourd'hui, au Nord du pays. Et c'est plutôt une bonne nouvelle. Avec des conséquences politiques qui pourraient très bien avoir une influence (légère, quoique) sur les négociations en cours au niveau fédéral.

Si on ne peut pas encore parler d'isolement de la N-VA, ce serait idiot, on doit tout de même constater que Bart De Wever n'est plus le centre du monde. Ou en tout cas plus tout à fait du même monde. Critiqué pour son immobilisme par Yves Leterme, donc par le CD & V, mais aussi par Annemie Turtelboom jouant les têtes de pont de l'Open VLD, Big Bart et ses potes nationalistes l'ont mauvaise. Ce qui lui a permis de reprendre une posture qu'il affectionne particulièrement, celle du Calimero de service, regrettant “ l'attaque brutale ” lancée à son encontre par ses collègues flamands d'en face.

C'est peut-être, ici aussi, un épiphénomène politique, mais après 285 jours sans gouvernement, et sans projet précis pour l'avenir, on se contente de ce qu'on peut. De ce qu'on a, surtout. Autrement dit, rien, ou pas grand-chose.

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